« On ne meurt pas d’amour » Géraldine d’Alban Moreynas

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« On ne meurt pas d’amour » Géraldine d’Alban Moreynas

Prix du 1er Roman

Je poursuis ainsi mon inventaire des derniers prix littéraires.

Ancienne journaliste, entrepreneuse, communicante, elle commence à écrire sur son compte Instagram des chroniques de la (sa) vie quotidienne. Certains critiques ont reconnu dans ce roman des chroniques des années passées. On considère que cette histoire, autofiction en grande partie est typique d’un milieu bobo où tout problème matériel est évacué au profit des états d’âme d’un couple adultère.

Effectivement, les protagonistes sont journalistes, avocats, programment un mariage à Marrakech, ainsi, l’auteure nous dresse un décor qui n’est pas l’essentiel. Et on pourrait même dire que la classe sociale est secondaire. Un couple plus modeste pourrait vivre la même passion, et les termes des dialogues auraient été presque les mêmes. C’est si peu important pour l’auteur que même les protagonistes n’ont pas de nom. L’histoire est sans doute universelle. Elle l’a sans doute voulu la voir ainsi.

J’ai trouvé très bien faite la description de l’apparition de l’attirance, des sentiments, le besoin de se voir, de se frôler, même avant que les intéressés en aient vraiment conscience. Les regards qui se cherchent, s’attirent comme des aimants, les prétextes pour se croiser, se parler. Tout cela finit par susciter la jalousie de la femme. Alors que rien encore  ne s’est passé, le mensonge s’installe entre les conjoints. L’auteure dépeint avec précision cette phase où le désir des futurs amants monte sans qu’ils y cèdent. Tellement qu’ils ont presque peur de passer à l’acte. Lorsqu’ils font enfin l’amour, c’est l’apothéose et ils ne font que penser à ça dès qu’ils se séparent. Le travail de l’un et l’autre en pâtit, ils échangent des Sms à longueur de journée, puis des e-mails. Leur dépendance physique est totale, ils ne vivent plus que pour se retrouver. Pour cela, ils mentent à leur conjoint, à leur employeur. Jusqu’au jour où la vérité éclate. La femme mise au courant par la nounou met en demeure son mari de cesser sa liaison.

Alors commence un épisode d’aller-retour du mari tiraillé, cédant à sa femme car il ne veut pas être privé de sa fille, mais il cède à son attirance envers sa maîtresse dès qu’il a revoit.

Certains diront qu’il ne s’agit pas d’amour, mais d’attirance sexuelle, que cette dépendance anéantit tellement la personnalité qu’elle ne peut mener à rien. Ils semblent ne partager aucune autre  valeur que le sexe.

Il me semble que l’intérêt de ce livre est son authenticité, l’auteure le sous-entend à la fin en remerciant celui qui lui a fait connaître l’amour. Et même si on considère que cette passion sexuelle n’est pas vraiment l’amour – le vrai amour sous-entendant peut-être plus de retenue, moins d’égoïsme et le partage de valeurs autres, on sait que ce scénario est très fréquent dans tous les milieux.

L’auteure démontre que cette passion est dévastatrice, destructrice pour tous les protagonistes, que ces moments de bonheur, de passion fulgurante se paient très cher, quelle que soit l’issue. Et c’est encore pire quand l’un des deux, souvent l’homme est indécis, velléitaire. Et lorsque le courage fait défaut, c’est un acte de lâcheté qui vient trancher le lien qui paraissait indestructibles.

Le conseil de l’auteure aurait pu être : n’y allez pas ! Mais il semble que son message serait en faveur de cet amour-là : vivons-le, on en souffre mais on n’en meurt pas ?

A vous de juger

 

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