« Mille femmes blanches » de Jim Ferfus »

« Mille femmes blanches » de Jim Fergus

Un livre passionnant et dont les faits trouvent un écho dans nos souvenirs des grandes épopées du cinéma américain, les westerns. Mais comme si on nous ouvrait les portes d’un monde connu de manière superficielle et que nous découvrions enfin le secret. C’est magnifique.

Mais très vite, j’ai eu envie de savoir ce qui était vrai dans cette histoire. L’entrevue de Litle Wolf avec le Président des Etats-Unis, les carnets de May Dodd, le recrutement des femmes blanches. Peu importe pourrait-on me répondre puisque le roman est beau, l’émotion est totale, les faits vraisemblables car l’Histoire nous a déjà raconté cette conquête cruelle par les colons des territoires indiens, le massacre des bisons pour les affamer, les trafics d’alcool et d’armes à feu rendant encore plus vulnérables les Indiens. Il s’agit d’un roman et l’auteur nous le dit dans les dernières pages, mais, comme tout est construit pour nous faire croire à une histoire véridique, d’un coup, on se met à vouloir en savoir davantage.

En effet, la 4e de couverture est attrayante, mêlant quelques indices historiques, telle l’entrevue du Chef Cheyenne avec le Président Grant (dont on ne connaît pas la teneur en réalité) et des vraisemblances comme les carnets retrouvés de May Dodd, ainsi que le récit des modes de vie cheyennes. On sait que l’auteur s’est particulièrement intéressé à cette tribu. Et comment résister à cette présentation de la 4e de couverture ?

« En 1874, à Washington, le président Grant
accepte la proposition incroyable du chef indien
Little Wolf : troquer mille femmes blanches
contre chevaux et bisons pour favoriser l’inté-
gration du peuple indien. Si quelques femmes
se portent volontaires, la plupart viennent en
réalité des pénitenciers et des asiles… l’une
d’elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie
de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un
puissant guerrier, elle découvre les combats
violents entre tribus et les ravages provoqués
par l’alcool. Aux côtés de femmes de toutes
origines, elle assiste à l’agonie de son peuple d’adoption.. ».

De plus, nous en sortons éblouis, émerveillés, bouleversés, détestant encore plus les colons et l’armée d’Amérique.

L’auteur est talentueux et habile, il a construit le roman sur une base historique précise : l’ entrevue entre le Chef Cheyenne et le Président des Etats-Unis. Il introduit des indices vraisemblables, les carnets de May Dodd, femme blanche devenue la femme du Chef Cheyenne.  Celle-ci a tenu un journal de cette aventure. Il met en scène les retrouvailles de la descendance de May Dodd et du dernier contemporain de l’aventure, Frère Antonin qui conte la fin de l’histoire. Ces précieux carnets relatent l’intimité de la vie chez les Cheyennes. May y fait la description de mœurs et comportements cheyennes et comment les femmes blanches petit à petit s’y adaptent. Elle y dénonce les mensonges et les promesses non tenues de l’armée et du gouvernement américain. Même si c’est un roman, , nous savons que tous ces faits sont vraisemblables car ils  ont abouti à une réalité, au désastre du peuple indien chassé de ses terres.

Les descriptions du mode de vie cheyenne sont fabuleuses et nous y adhérons facilement, confortés par l’intérêt que l’auteur a manifesté pour ce peuple.

J’ai été totalement séduite par l’héroïne et ses compagnes. J’ai complètement adhéré aux rites et modes de vie des Cheyennes. Je n’ai pas douté un instant du mode de recrutement des femmes blanches car il est vrai qu’à l’époque l’internement était une solution pour les familles dont les femmes manifestaient quelques velléités d’indépendance, et pas seulement aux Etats-Unis.  Et des mesures pour le peuplement de certaines zones ont parfois fait appel aux internés, prostituées ou repris de justice. Tout est vraisemblable mais pas forcément véridique mais ça m’est égal puisque eu égard au plaisir de la lecture. On ne peut qu’être conquis, passionné, ému par l’humanité de ces femmes qui découvrent une culture qui les touche chez cette tribu réputée sauvage. Elles finissent par éprouver une tendresse et même une certaine admiration pour ces hommes dits sauvages avant que n’arrive le désespoir.

On ne peut s’empêcher d’éprouver ces mêmes sentiments après avoir été plongé dans cette vie nomade, de chasse, de bains dans les eaux vives des rivières, de campements dans les prairies et les vallées verdoyantes, dans une nature belle et harmonieuse même si la menace d’une civilisation corruptrice est présente dès les premiers jours.

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