« Si la lune éclaire nos pas » de Nadia Hashimi

nadia hashimi « Si la lune éclaire nos pas » de Nadia Hashimi

Conquise par un précédent livre de Nadia Hashimi, « La perle et la coquille » j’ai lu avec un grand plaisir ce livre d’une auteure afghane. L’écriture de Nadia Hashimi est juste, décrivant les drames et les obstacles rencontrés sans pathos. Ses thèmes parlent des femmes, de l’éducation des filles, de la pesanteur des traditions, mais sans jamais renier sa culture. Elle a ajouté avec ce livre le thème de l‘immigration, décrivant l’avancée progressive d’une femme et de ses trois enfants sur le chemin des pays de la paix. Après avoir été fascinés par le luxe et le chic européen, les afghans n’y voient plus que la possibilité d’une vie loin de l’oppression religieuse et de la guerre. Lire la suite

« La neige de Saint-Pierre » Léo Perutz

NEIGE ST PIERREIl y a des livres que j’ai besoin de relire, comme s’ils recélaient encore un mystère que je n’avais pas réussi à pénétrer. « La neige de Saint-Pierre » de Léo Perutz fait partie de ceux-là. Ecrit dans les années 30, interdit sous le régime nazi, avec en fond historique le  bolchévisme, le nazisme et la perte de la foi, l’auteur nous jette dans une énigme  vertigineuse. Nous voyons ce jeune médecin engagé par un baron et maire d’un village de l’Allemagne du nord se diriger vers le lieu de son office. C’est au moment où ce jeune homme se trouve en transit dans l’espace temps avant l’heure de son train que tout  bascule. Un jeune médecin quelque peu rêveur et sans grande motivation a accepté un poste dans un village un peu par désespoir. En effet il est tombé sous le charme d’une belle jeune femme grecque rencontrée au Laboratoire de bactériologie dans lequel ils travaillaient tous les deux. Mais celle-ci disparait rapidement de la circulation dès son travail terminé. Il l’a recherchée dans tout Berlin jusqu’à l’obsession. Il quitte ainsi sans regret cette ville. C’est dans ce village qu’il vivra un certain nombre d’événements étranges mais aussi heureux car il y rencontrera de nouveau la belle Kallisto Tsanaris et vivra avec elle une histoire d’amour. Embauchée par le Baron, elle participe à ses recherches quelque peu mystérieuses. Mais tout cela est-il vrai ? Lire la suite

« Chanson de la maison silencieuse » d’Olivier Adam

Erreur de livre, mais captée par la poésie du 1er paragraphe, je l’ai gardé !
Je voulais un livre d’Olivier Adam, mais pas celui-là… La lumière n’est jamais suffisante pour moi à la librairie et je n’ai pas bien vu le titre.
Mais quand j’ai commencé à lire le premier chapitre, j’ai été saisie par la poésie des toutes premières lignes.
Connaissez-vous Lisbonne ? Je crois qu’Olivier Adam parle de cette ville :
« Tout ici succombe à l’inclinaison. Les tuiles oranges coulent en cascade, ruissellent des ruelles, se suspendent aux abords des belvédères, puis replongent vers le fleuve. La ville entière semble s’y glisser peu à peu, se couler dans ses eaux bleu nuit, y sombrer sans fin. Sous la surface opaque, j’imagine des quartiers anciens. Des palais délabrés engloutis par les flots. Enlisés dans les sables. (…) Je quitte l’hôtel et débouche dans la lumière acide du printemps. Les escaliers s’effondrent en douceur. Je les dévale sans hâte, les yeux brûlés, aspirée par l’océan lointain, à peine entravée par les allées courbes, enserrées par les façades décrépies où s’effrite un nuancier fané d’azulejos.
Un promontoire me retient. De l’asphalte surgissent des arbres mauves, dévorés de ciel. L’estuaire se déploie en contrebas, lacéré de rubans turquoise, virant au gris aluminium à la faveur d’un nuage. Puis de nouveau la ville s’abandonne.
Plus rien ne s’oppose.
Tout consent à la noyade. »
C’est la quête d’une jeune femme à la recherche de son père. Tout donne à penser pourtant qu’il s’est suicidé. La voiture près de la rivière, ses effets personnels dans le coffre, sa guitare sur le siège arrière, et ses santiags sur la rive. Cependant des amis pensent l’avoir croisé à Lisbonne. Ou bien, ce chanteur de rues est son sosie.
La fille du chanteur nous emmène dans les rues de Lisbonne et en chemin, elle égrène ses souvenirs. La vie avec sa mère, si peu de temps. La vie avec son père qu’elle connaît peu même s’ils dormaient sous le même toit. Toit qu’elle abandonnait régulièrement pour trouver refuge chez les gardiens de la propriété lorsque l’équipe de musiciens débarquait chez son père pour un enregistrement. Elle se réveillait dans sa chambre envahie d’artistes éméchés puis laissait sa place.
Elle redécouvre au gré de ses souvenirs l’image de son père obsédé par une femme qui sans cesse le quitte et qu’il poursuit à travers le monde. Un père dépressif qui veut renoncer à la création, aux concerts. Un père épuisé après les tournées, effaré du vide qui succède à l’effervescence de la performance publique. Carbonisé de l’intérieur dit-il.
En fréquentant le domicile d’une camarade, elle lui envie ses repas en famille, l’obligation de rendre comte à ses parents de ses notes, de ses horaires. Alors que son amie est fascinée par les mannequins, les actrices, les musiciens qu’elle rencontre chez la fille du chanteur.

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