« Le dernier des nôtres » Adélaïde de Clermont-Tonnerre

clermont tonnerre

C’est un livre totalement inutile. Il fait passer le temps. Il peut s’accommoder d’un voyage en train ou en avion lorsqu’on ne peut pas faire autre-chose. Je dirai que c’est un roman de gare. Certains critiques l’ont qualifié de « page-turner », un roman qu’on ne lâche pas jusqu’à la fin. Effectivement, on a envie de connaître la fin mais sans plaisir vraiment et j’ai eu envie de le laisser tomber complètement aux trois-quarts car on imaginait facilement l’issue et même celle-ci commençait à  m’indifférer. L’écriture n’est pas exemplaire. Les personnages sont caricaturaux, beaux, insolents, méchants ou dévoués comme dans les romans du XIXe siècles de la collection Delly ou Max du Veuzit.

Ainsi les deux jeunes amants se séduisent, s’affrontent, se fâchent, se quittent, la belle disparait, revient tandis que le mystère de la naissance de ce bellâtre de personnage principal se dévoile petit à petit, maintenant un certain suspense. Une trouvaille  agrémente le déroulement de cette histoire plantée aux Etats-Unis en 1970 par des retours sur la fin de la guerre et les bombardements de Dresde.

Ainsi l’histoire se déroule sur fond de 2e guerre mondiale qui est la caution dramatique et de sérieux de l’auteur qui a bien documenté son sujet. J’ai vérifié sur wikipedia l’histoire de Wernher von Braun Ingénieur inventeur des missiles V2 et qui a rejoint les Etats-Unis avec son équipe de scientifiques en 1945. Cette partie semble plaquée sur l’histoire dramatique des premiers protagonistes dont on fait la connaissance sous les bombes en Allemagne.

Les thèmes qui auraient pu être abordés en profondeur sont :

  • le questionnement sur les origines et sur l’éventuel atavisme pour les descendants des nazis
  • la position ambigüe des scientifiques qui dit-on n’adhéraient pas totalement aux idées d’Hitler
  • le traumatisme des rescapés des camps

Tout cela est abordé d’une manière carricaturale qui m’a mise en colère. Aucun état d’âme n’est correctement décrit.

Pas de réflexion sur le fait d’appartenir à la nation allemande, juste la crainte d’être le fils du bourreau d’un camp. L’idée sous-tendue est donc qu’il y a des monstres et des gentils. Bien sûr quand il y a des jumeaux, l’un ne peut être que le diable et l’autre un ange. Nous avons droit à quelques réflexions sur les scrupules du bon jumeau lui-même scientifique. Et la description du traumatisme et du désir de vengeance de la rescapée du camp est loufoque, incongrue, et même indécente.

Et bien sûr, on y trouvera un joli couplet sur les entrepreneurs qui réussissent quand ils bossent dur, le rêve américain existe toujours. Et la charité et le respect envers autrui n’est pas la qualité principale de notre bellâtre. L’auteur nous a concocté sur la fin  une scène inutile avec le chauffeur qui en dit long sur les travers de ceux qui ont des employés. Nous croisons aussi des célébrités dans les cafés et les restaurants, même Trump. Voilà l’univers dans lequel l’auteur nous a emmenés. J’en suis sortie écoeurée.

Un éditeur dira sans doute que c’est un bon produit car il est bâti pour être un best-seller. Mais j’ai trouvé toutes les ficelles un peu trop grosses. Et je n’ai jamais pensé qu’un livre aussi superficiel pourrait être lauréat du grands prix du roman de l’Académie française. L’auteur a précédemment bénéficié du prix des Maisons de la presse, du prix Françoise Sagan, et du prix des Lauriers verts. Ajoutons qu’elle est la l’arrière petite fille d’Isabelle d’Orléans, sœur du Comte de Paris.

Ne l’achetez pas, c’est un livre à éviter,

Mais si on vous le prête et si vous voulez exercer votre esprit critique,

ou si vous avez la gueule de bois !

 

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